Axe 3 de la programmation
de recherche PRISM
Proximité participative et
décisionnelle
La participation renvoie également à des
espaces de proximité : elle est un moyen de connaître
les besoins et le point de vue des individus et des groupes,
leur compréhension des situations et leurs idées.
Elle contribue aussi à renforcer leur autonomie et
le contrôle qu’ils exercent sur leur vie. Que
ce soit au plan clinique ou au plan administratif (tables
de concertation) et politique (forum) les usagers et les
différents groupes d’intérêts
sont constamment sollicités pour participer aux décisions
qui les concernent. Se pose alors la question des conditions
institutionnelles et sociales (soutien, droits, espaces
de discussion) permettant cette coopération, mais
aussi celle de l’autonomie et des possibles prises
de distance face aux pressions, aux normes sociales et à
l’injonction de participer. Notre programme de recherche
s’intéresse ainsi aux marges d’autonomie
et de parole des usagers, des citoyens et des groupes, au
partage des décisions dans les rapports personnalisés
professionnels/usagers et à la concertation entre
les différents acteurs du réseau.
Concertation et mobilisation
Nous portons d’abord un intérêt à
la portée de l’engagement des citoyens au sein
des structures formelles de décision et d’influence
mises en place par le réseau de la santé et
des services sociaux, ou par l’établissement
(ex. : les forums des partenaires, les comités d’usagers,
les tables territoriales de concertation). L’étude
de M. Clément sur la participation des usagers à
la mise en place des réseaux de services intégrés
en santé mentale évalue les retombées
sur la démocratisation du processus de décision
et sur la santé et le bien-être des usagers.
L’étude de B. Roy, portant sur le processus
de participation et de prise de parole des résidents,
initiée au HLM Place de la Rive à Québec,
en est un autre bon exemple : plus qu’un simple transfert
des connaissances vers les intervenants ou la population
visée par les interventions, il s’agit d’une
démarche réflexive sur le processus de mobilisation,
d’échange et de prise de parole initiée
et portée par des organisations communautaires, des
résidents, des intervenants et des chercheurs du
CSSS. L’étude doit conduire à la production
d’un manuel d’intervention visant à soutenir
la création d’espaces de paroles, l’échange
et la circulation des savoirs (professionnels et profanes).
Mentionnons également la démarche conjointe
réalisée par Y. Pelchat et l’équipe
en organisation communautaire du programme de soutien à
domicile qui vise à jeter des balises conceptuelles
en vue de l’élaboration de modalités
d’interventions futures favorisant la participation
sociale.
Un projet est en préparation sur la participation
des usagers des ressources non institutionnelles en santé
mentale au projet régional de redéploiement
de ces ressources. Des pourparlers sont également
en cours pour le développement d’une ARUC Participation-citoyenne
en collaboration avec l’Institut du Nouveau monde
et le CSSS de la Montagne.
La parole de l’usager dans la relation de service
La place du point de vue des usagers dans les rapports
personnalisés intervenants/clients est au centre
d’un deuxième groupe de projets. Les recherches
que mène depuis plusieurs années F. Légaré
portent sur la prise de décision partagée
dans la relation patient-médecin, et les conditions
d’une plus grande participation des usagers aux décisions
(intention, accord, confort, acceptabilité et transfert
des connaissances). Ces études contribuent au développement
et à l’implantation d’interventions visant
à favoriser la prise de décision partagée
dans la relation patient-médecin. Elles participent
d’une transformation de la relation et de la décision
clinique. La recherche de L. Gélineau portant sur
la participation des femmes enceintes à la prise
de décision en périnatalité est un
autre exemple. L’étude de M. Clément
sur l’interprétation et l’application
des droits des usagers (droit à la dignité,
droit à la vie privée, droit aux services,
particulièrement) est animée de la même
préoccupation pour la prise en compte du point de
vue des usagers et des résidents en CHSLD et la confrontation
avec le point de vue des intervenants, des gestionnaires
et des familles. L’étude porte sur l’interprétation
des droits par les comités d’usagers et de
résidents, les comités d’éthique
clinique et les commissaires locaux chargés du traitement
des plaintes.
Les projets actuellement en développement portent
sur la mission et le fonctionnement des comités d’usagers
et les comités de résidents en CHSLD, ainsi
que sur la décision partagée dans la relation
clinique.
Dernière modification effectuée le 13 janvier 2010
|