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Axe 2 de la programmation
de recherche PRISM
Proximité relationnelle
Les recherches inscrites dans cet axe portent sur la relation
entre les usagers et les intervenants, sur les exigences
et implications d’une intervention en proximité,
sur ses possibilités et ses limites. Mieux comprendre
la relation d’aide et de soins, dans un contexte de
proximité, exige de tenir compte à la fois
de la situation des usagers et des conditions dans lesquelles
les intervenants agissent, en les replaçant toujours
dans leur contexte plus général (le milieu
où se fait l’intervention, le contexte organisationnel
et le cadre législatif, notamment).
Intervenir auprès des individus en souffrance et
en difficulté
Un premier ensemble de recherches cherchent à mieux
comprendre la situation de personnes et de groupes qui connaissent
des difficultés particulières, afin d’adapter
les interventions, d’identifier les déterminants
ou conditions de succès d’une pratique particulière,
et d’interroger la dynamique de partage des responsabilités
entre divers acteurs qui dispensent des services (l’usager,
ses proches, les différents intervenants). Les sources
de collaborations, de tensions et de conflits, les conditions
favorables au développement de relations fondées
sur la confiance, le respect et l’autonomie des personnes,
la prise en compte du point de vue et du savoir-faire des
individus retiennent particulièrement l’attention.
Les travaux de É. Gagnon sur les soins à
domicile et les différentes formes d’accompagnement
des personnes malades ou en perte d’autonomie, mettent
en évidence les conditions à la fois matérielles,
relationnelles et symboliques nécessaires à
leur réalisation. L’étude en cours de
B. Dallaire sur les représentations des problématiques
gérontologie/santé mentale chez les intervenants
psychosociaux des milieux institutionnels et communautaires,
vise à comprendre comment ces représentations
modèlent les interventions et influencent l’atteinte
des objectifs d’empowerment, de rétablissement
et d’inclusion sociale. Une recherche actuellement
menée par A. LaRue auprès des jeunes mères
de moins de vingt ans met en évidence l’importance
du rôle que doit jouer l’intervenante du CSSS
auprès de ces femmes, la complexité de leur
mandat et les responsabilités importantes qu’elles
se trouvent à assumer.
Les études dans les prochaines années porteront
notamment sur le développement et l’évaluation
de pratiques de pointe et la place des familles en hébergement
institutionnel, ainsi que sur l’opportunité
de créer un rôle d’intervenant privilégié
en CHSLD afin de renforcer la confiance et la sécurité
des personnes. Dans l’intervention en santé
mentale, deux questions nécessiteront l’éclairage
de la recherche : la place de la famille et des proches
dans le suivi et le plan d’intervention, et l’évaluation
du travail d’intervenant pivot. Un projet portant
sur les enjeux éthiques de la relation d’accompagnement
(autonomie, responsabilité et obligations de l’accompagné
et de l’accompagnateur) sera également développé
tout comme le seront certains projets portant sur les collaborations
interprofessionnelles et nouvelles ainsi que sur la transformation
des pratiques (ex : soins palliatifs à domicile et
en hébergement, infirmière praticienne).
Des soignants en difficulté
Un deuxième ensemble d’études, autour
de la proximité relationnelle, portent plus directement
sur les travailleurs et leurs capacités à
dispenser les services. L’intervention est souvent
très exigeante, elle comporte des responsabilités
et des obligations importantes, qui ont des impacts sur
la vie des équipes et des intervenants, sur le sens
qu’ils donnent à leurs actions et à
leur travail. Les relations de soin et d’accompagnement
impliquent un fort investissement moral et émotif.
La recherche ambitionne ici de mieux comprendre les difficultés
vécues par les intervenants (surcharge de travail,
tensions, stress et violence, responsabilités importantes
et absence de moyens pour les assumer, insuffisance de supervision
professionnelle et clinique, manque d’autonomie et
de reconnaissance) et leurs impacts (absentéisme,
roulement de personnel, perte d’expertise, et manque
de continuité dans les services). Ces difficultés
se manifestent avec d’autant plus d’acuité,
lorsque les équipes de travail recherchent une plus
grande proximité dans leurs interventions, en se
rapprochant des milieux de vie et en travaillant en collaboration
avec d’autres acteurs.
Plusieurs chercheurs de l’équipe RIPOST
rattachés au CSSS de la Vieille-Capitale (N. Jauvin,
M. Vézina) ont développé une expertise
touchant les enjeux relatifs au travail auprès d’une
clientèle en souffrance, à la santé
mentale au travail et au harcèlement psychologique.
Les travaux de R. Bourbonnais et de M. Vézina, sur
les problèmes de santé mentale reliés
au travail des soignants en CHSLD, ont permis d’identifier
des éléments précis de l’organisation
du travail (demande psychologique, autonomie, reconnaissance,
soutien, etc.) pour lesquels il fut possible de mettre en
place des mesures efficaces de prévention. Une étude
en développement de J. Dussault permettra quant à
elle de mieux cerner les dimensions organisationnelles en
jeu au sein des rapports interpersonnels fragilisés
au travail. Les études de R. Malenfant, A. LaRue,
L. St-Arnaud et M. Vézina portent sur la dynamique
des facteurs qui contribuent au maintien en emploi des travailleurs
ou à leur désengagement. Ces recherches ont,
entre autres, permis de voir toute l’importance que
peuvent prendre certaines des conditions associées
à l’emploi (stabilité ou précarité
de l’emploi, conditions de travail, autonomie, reconnaissance
de leur savoir-faire et de leurs idées, perspectives
d’avenir, etc.).
Une recherche que vient d’entreprendre N. Côté
cherchera à mieux comprendre les raisons qui amènent
tant de jeunes intervenants à quitter leur emploi
après seulement quelques années de services,
et à identifier des stratégies à adopter
pour retenir cette main-d’œuvre. D’autres
projets suivront sur les problèmes de santé
mentale dans l’intervention en 1re ligne, notamment
le développement et l’évaluation d’actions
de prévention de l’épuisement professionnel,
ainsi que des projets sur la consultation, la participation
et l’accompagnement des intervenants dans les changements
et la réorganisation du travail (gestion plus participative).
Une recherche sur les difficultés propres aux hommes
soignants est également en préparation.
Dernière modification effectuée le 9 août 2010
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